Travailler avec une dépression
Les personnes atteintes de dépression peuvent-elles encore participer à la vie active ? Les personnes concernées sont-elles tenues d'en informer leur employeur ? L'article suivant répond à des questions importantes sur le thème du travail et de la dépression et présente les mesures permettant de ralentir le rythme de la vie professionnelle quotidienne.
Il est possible de travailler tout en souffrant de dépression. (pexels)
Dépression : symptômes
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la dépression se manifeste par une « tristesse persistante et une perte d’intérêt pour des activités auparavant agréables ».
En bref : les personnes concernées perdent le plaisir de leurs loisirs, se replient sur elles-mêmes ou ressentent un état de tristesse durable.
D’autres symptômes possibles sont :
- Perte ou augmentation de l’appétit
- Fatigue importante
- Troubles du sommeil
- Difficultés de concentration
- Sentiments de culpabilité
- Ruminations mentales
- Pensées suicidaires
Les causes de la dépression sont multiples. Un stress excessif, mais aussi des événements traumatisants peuvent favoriser l’apparition de la maladie, souvent en interaction avec des facteurs héréditaires. En Suisse romande, les personnes concernées peuvent par exemple s’adresser à leur médecin de famille ou à un psychiatre pour obtenir un diagnostic et discuter des options de traitement.
Dois-je en informer mon supérieur ?
Vous n’êtes pas obligé d’informer votre employeur ou vos collègues de votre maladie, tant que celle-ci n’empêche pas de manière significative l’exécution de votre travail.
Il existe de bonnes raisons de garder une maladie psychique pour soi, notamment :
- La peur de la discrimination
- La honte ou la gêne
- L’incertitude quant à la réaction de l’entourage professionnel
Cependant, cacher sa maladie peut aussi créer une pression supplémentaire, vous vider de votre énergie et compliquer le travail au quotidien. À l’inverse, parler ouvertement de la situation peut parfois réduire le stress. Par exemple, cela évite d’avoir à se justifier en cas d’absence. Si vous ne savez pas comment aborder le sujet avec votre supérieur, il peut être utile de noter les points importants avant l’entretien ou de préparer la discussion avec votre psychiatre. Par ailleurs, en Suisse, un licenciement uniquement fondé sur l’état de santé pourrait être contesté s’il constitue une discrimination. Le principe d’égalité est notamment garanti par l’Article 8 de la Constitution fédérale suisse.
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Dépression : travailler ou se mettre en arrêt maladie ?
Un point essentiel : il est possible de travailler malgré une dépression.
Selon la phase de la maladie, une routine quotidienne structurée et une activité professionnelle peuvent même favoriser la guérison. Il peut être utile de discuter avec son supérieur ou avec les ressources humaines afin de mettre en place des mesures d’allègement, par exemple :
- Réduction du taux d’activité
- Pauses plus longues ou plus fréquentes
- Horaires aménagés
- Entretiens réguliers avec les RH
Si vos symptômes vous empêchent de travailler, vous pouvez vous faire mettre en arrêt maladie par un médecin. En Suisse, la plupart des entreprises demandent un certificat médical après quelques jours d’absence (souvent dès le 3e jour). Ce document, délivré par un médecin ou un psychiatre, indique :
- La date de début de l’incapacité de travail
- Sa durée
- Le degré d’incapacité (partielle ou totale)
- S’il s’agit d’une maladie ou d’un accident
Le diagnostic précis reste couvert par le secret médical : votre employeur saura que vous êtes malade, mais pas nécessairement que vous souffrez de dépression. Pendant l’arrêt de travail, l’employeur doit respecter le certificat médical : il ne peut pas vous obliger à travailler ni vous mettre sous pression avec des appels ou des demandes professionnelles.
Salaire pendant l’arrêt maladie en Suisse
En cas de maladie, l’employeur doit continuer à verser le salaire pendant une certaine durée. Cette obligation de maintien du salaire dépend :
- du contrat de travail
- d’une convention collective
- ou des échelles juridiques utilisées par les tribunaux
En Suisse, on se réfère souvent aux échelles de Bâle, Berne ou Zurich. Les informations officielles sont disponibles auprès du Secrétariat d'État à l'économie (SECO).
Après un certain temps, l’obligation de l’employeur cesse généralement et l’employé reçoit des indemnités journalières maladie via une assurance.
Beaucoup d’entreprises suisses disposent d’une assurance d’indemnités journalières maladie, qui verse souvent environ 80 % du salaire. Le montant est payé par l’assurance.
Pendant une incapacité de travail, vous êtes aussi protégé contre le licenciement pendant une période déterminée :
- 30 jours durant la première année de service
- 90 jours de la 2e à la 5e année
- 180 jours dès la 6e année
Un licenciement prononcé durant cette période est en principe invalide. Si vous êtes néanmoins licencié, vous pouvez signaler l'erreur de votre employeur par écrit. Les employés ne sont pas tenus de respecter les délais susmentionnés et peuvent démissionner à tout moment, même pendant un congé maladie.
Dépression et travail : quelles aides existent ?
Vous n’êtes pas seul.e. Les psychologues et psychiatres peuvent proposer différentes formes de thérapie et, si nécessaire, un traitement médicamenteux.
Si les symptômes s’aggravent ou si des pensées suicidaires apparaissent, il est essentiel de consulter rapidement un professionnel de santé, qui pourra éventuellement organiser une hospitalisation.
En Suisse, plusieurs dispositifs peuvent également soutenir les personnes au travail :
- care managers dans certaines entreprises ou assurances
- accompagnement professionnel
- programmes de réinsertion
Lors du retour au travail après un long arrêt maladie, on utilise parfois le modèle du supported employment : un coach professionnel accompagne la personne dans sa recherche d’emploi ou son retour progressif au travail et sert d’intermédiaire avec l’environnement professionnel. En Suisse romande, les personnes peuvent aussi se tourner vers des institutions comme l’Assurance-invalidité (AI) suisse, qui propose des mesures de réadaptation professionnelle pour faciliter le maintien ou le retour à l’emploi.