Réussir l’entrée dans la vie professionnelle avec le TDAH ou un TSA
Le début de l'apprentissage est une source de difficultés pour de nombreux jeunes. L'entrée dans le « monde des adultes » est au départ inhabituelle et peut parfois sembler insurmontable. Pour les jeunes avec un TDAH ou un TSA, l'entrée dans la vie professionnelle peut s'avérer particulièrement difficile. Il n'est pas rare que des malentendus ou des conflits surgissent. Nous mettons en évidence les obstacles potentiels et expliquons comment, grâce aux connaissances nécessaires et à une attitude ouverte et bienveillante, réussir son entrée dans le monde du travail.
Dans un environnement d'apprentissage adapté et inclusif, les jeunes avec un TDAH ou un TSA peuvent s'épanouir pleinement.
Pour les jeunes avec un TDAH ou TSA (pour trouble du spectre de l’autisme), l’entrée dans la vie professionnelle constitue un énorme défi. Mais les entreprises formatrices sont également sollicitées : au lieu de former les jeunes « uniquement » sur le plan technique, elles ont la responsabilité de les accompagner de manière globale et de construire une relation de confiance. Les responsables de formation doivent donc être bien préparés aux différents diagnostics et à leurs manifestations individuelles, et promouvoir une culture d’entreprise positive et inclusive.
Réussir l’entrée en apprentissage
L’entrée dans la vie professionnelle s’accompagne de grands changements. Soudain, les jeunes sont plongés dans le « monde des adultes ». Beaucoup se sentent au début perdus et en insécurité, car ils n’ont pas encore de relations stables avec les enseignants ou les camarades. Dans le pire des cas, le fait de constater qu’on ne « correspond pas vraiment au système » à cause du TDAH ou de l’autisme peut générer un stress supplémentaire et accentuer les symptômes. Il est donc d’autant plus important d’aborder cette transition avec précaution et de consacrer du temps à construire des relations.
Être ouvert et ne pas juger
Il est utile, tant pour les jeunes que pour les formateurs, d’aborder le diagnostic de manière aussi ouverte que possible. L’essentiel est d’éviter les stéréotypes ou la pathologisation, et de parler ouvertement des manifestations pour mieux les comprendre. En effet, le TDAH et l’autisme se manifestent différemment chez chaque individu.
Dans certains cas, il peut être pertinent de faire appel à un coach professionnel ou à un gestionnaire de cas afin d’informer de manière neutre sur le diagnostic. Dans tous les cas, il est important de ne pas considérer le TDAH ou l’autisme comme un déficit, mais comme une variation neurologique naturelle. Les personnes neurodivergentes peuvent développer un très grand potentiel dans un environnement adapté.
Comme l’explique le spécialiste et coach Dr Heiner Lachenmeier :
«Une grande partie des difficultés des personnes atteintes de TDAH ne résulte pas directement de leur condition génétique, mais du fait que ni elles ni leur entourage ne connaissent les différentes façons de fonctionner. Cela entraîne des malentendus, des escalades et des évolutions négatives.»
Aborder les difficultés tôt
En cas de difficultés, il est utile de les aborder le plus tôt possible et de ne pas repousser les conversations délicates. Les problèmes souvent évoqués en lien avec le TDAH ou l’autisme sont :
- forte distractibilité
- comportement impulsif ou expressions émotionnelles non filtrées
- malentendus
- fluctuations des performances
- difficultés à établir des priorités
- tendance à la procrastination
Les personnes autistes rencontrent souvent des difficultés telles que :
- surcharge due à une sensibilité accrue aux stimuli environnementaux
- interactions sociales compliquées (sentiment de ne pas appartenir au groupe, difficulté à interpréter les expressions faciales)
- difficulté à exprimer ou comprendre les émotions
Les sanctions ou les reproches ne sont pas utiles, car ils affaiblissent encore davantage l’estime de soi, souvent déjà fragile, des jeunes concernés. Il s’agit plutôt de rechercher des solutions, notamment celles qui ont déjà fait leurs preuves, et d’impliquer les jeunes dans le processus. L’essentiel est de rester bienveillant, de maintenir la relation et de croire en leurs capacités.
Être soutenant et empathique
Il est essentiel de déplacer régulièrement l’attention des difficultés vers les réussites. Surtout dans la phase initiale, souvent difficile, il est important que les jeunes se sentent reconnus et valorisés. Au lieu d’analyser les erreurs, il vaut mieux célébrer les réussites et en tirer des enseignements : pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Que peut-on reproduire la prochaine fois ?
Le poste de travail et l’environnement jouent également un rôle central. Les besoins d’adaptation doivent être pris au sérieux (par exemple : casque anti-bruit, organisation du poste, pauses adaptées).
Conseils concrets pour le quotidien en apprentissage
Même s’il n’existe pas de profil unique de personne avec TDAH ou autisme, certaines mesures peuvent aider à réduire les difficultés et à améliorer le quotidien :
- Pauses régulières et mouvement : permettre de se lever, bouger ou faire des exercices de respiration
- Communication claire et structurée : formuler les consignes par écrit et de manière précise pour éviter les malentendus
- Peu de règles, mais essentielles : définir des règles claires et compréhensibles
- Variété et motivation : proposer des tâches variées (attention : trop de changements peut être difficile pour certaines personnes autistes)
- Structuration du travail : clarifier la journée ou la semaine pour favoriser la prévisibilité et la priorisation
- Organisation et planification : utiliser des outils comme des applications de planification ou des cartes mentales
- Ouverture aux adaptations : ajuster les mesures si nécessaire et envisager des aménagements (plus de temps d’apprentissage, examens prolongés, pauses supplémentaires)
Malgré les difficultés, les échecs éventuels et les déceptions, il est important de rester concentré et de ne jamais perdre de vue l’objectif : réussir sa formation. Plus l’entreprise adapte son fonctionnement aux besoins de l’apprenant avec un TDAH ou TSA, meilleures seront ses performances. Ainsi, l’entrée dans la vie professionnelle peut être réussie non pas « malgré », mais « avec » le TDAH ou l’autisme.